COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Assemblée plénière du 2 avril : des réponses insuffisantes sur les transports, l’aménagement, la formation, l’agriculture et la pêche

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Caen, le 8 avril 2026

Assemblée plénière du 2 avril : des réponses insuffisantes sur les transports, l’aménagement, la formation, l’agriculture et la pêche

Cette Assemblée plénière s’est ouverte, comme à l’accoutumée, par les discours de politique générale. L’occasion, pour Laetitia Sanchez, co-présidente du groupe Normandie Ecologie, de rappeler, au sortir des élections municipales, l’importance de la vie locale : « Au moment où l’on entend que nos concitoyennes et concitoyens se détourneraient de la politique, la vie locale est l’échelon qui mobilise le plus ».

Elle a toutefois dénoncé la brutalisation du débat public, et les alliances de la droite avec l’extrême droite contre les candidats de gauche et écologistes qui dévoient le concept de « front républicain ».

L’élue de l’Eurea rappelé que « Les candidats du Rassemblement National endossent par stratégie le costume de la respectabilité, mais leurs idées, elles, ne changent pas. Même si vous peignez un zèbre, à la première pluie, ses rayures réapparaitront. Les candidats du Rassemblement National endossent par stratégie le costume de la respectabilité, mais leurs idées, elles, ne changent pas. Même si vous peignez un zèbre, à la première pluie, ses rayures réapparaitront. »

Transports interurbains : un service public menacé

Marianne Rozet est intervenue sur le recours à une délégation de service public (DSP) pour l’exploitation des transports interurbains. Elle a insisté sur l’importance de garantir un service public qui réponde à l’intérêt général : « Un service public, ce n’est pas seulement un service qui fonctionne. C’est un service qui répond à l’intérêt général ! ».  Elle a également alerté sur le risque de hausse tarifaire et de dégradation des conditions de travail des salarié·e.s. La conseillère régionale a également souligné que le passage en DSP favoriserait les grands groupes nationaux au détriment des entreprises locales, déjà fragilisées par la hausse du coût des carburants. Elle a conclu son intervention en annonçant que le groupe voterait contre cette délibération.

Aménagement et logement : des moyens insuffisants face aux besoins

Laetitia Sanchez et Bastien Recher ont dénoncé la nouvelle convention entre la Région et l’Établissement Public Foncier de Normandie (EPFN) pour 2026-2030. Laetitia Sanchez a pointé la baisse de 15 millions d’euros de l’enveloppe par rapport à la précédente convention.

De plus, cette nouvelle délibération réduit le périmètre d’activité de l’EPFN : la suppression de la construction de logements sociaux est exclue du dispositif de minoration de charge foncière. Or le parc normand ne représente, pour le logement social, que 20% des résidences principales dans notre région. Cette tendance s’accroît avec seulement 3000 logements sociaux supplémentaires en 5 ans.  Nous faisons face à un phénomène de non-renouvellement du parc social en Normandie avec 44% du parc social normand qui est issu d’un patrimoine construit dans les années 60, 70 ou 80, quand la moyenne nationale est à 36%.  « On peut se dire que compte tenu de l’effort à faire en matière de construction et compte tenu de l’effort à faire en matière de soutien à l’amélioration de ce parc, il aurait fallu une intervention renforcée dans le domaine. Or, dans cette convention, vous faites l’inverse, vous supprimez la capacité à intervenir sur la construction de nouveaux logements sociaux. » a souligné l’élu du Calvados.

Il a insisté sur la nécessité de réabonder la convention, en déposant un amendement visant à rétablir le niveau de financement de la précédente convention, afin de répondre aux besoins urgents du parc social normand, vieillissant et insuffisant.

Ensemble, Laetitia Sanchez et Bastien Recher ont alerté sur les conséquences à long terme pour l’habitat social et la lutte contre l’artificialisation des sols.

Formation professionnelle : un dispositif clé supprimé

Bénédicte Martin a dénoncé la suppression du dispositif « Tremplin », qui bénéficiait à près de 3 500 personnes éloignées de l’emploi et à 600 professionnel·les. Cette décision brutale, sans concertation avec les acteurs de terrain fragilise un dispositif central d’insertion et met en péril tout un écosystème de formation.  «  Autrement dit, au moment même où le chômage progresse — et où il frappe d’abord les plus fragiles — la Région réduit les outils qui permettent précisément d’y répondre. » a martelé l’élue.

L’élue a rappelé que si l’Exécutif justifie ces décisions par le désengagement de l’État, la gestion d’un budget public est avant tout une affaire de priorités politiques. Or, certains secteurs, comme les formations liées à la relance de l’industrie nucléaire, ne semblent pas soumis aux mêmes contraintes. Bénédicte Martin a insisté en rappelant qu’il ne s’agit pas de nier les réalités budgétaires, mais bien de questionner les arbitrages opérés.

Agriculture : un manque de soutien des dynamiques collectives

Guillaume Hédouin a alerté sur le risque de voir l’agriculture normande basculer vers un modèle individualisé, où chaque exploitation investit seule, au prix de l’endettement et de la disparition de nombreuses fermes. « Tout cela n’est pas un supplément d’âme, c’est le cœur battant d’une agriculture paysanne ancrée, solidaire, résiliente », a-t-il rappelé, soulignant l’importance des CUMA, coopératives et SCIC pour partager les risques, maîtriser les charges et favoriser la transition agroécologique.

Il a dénoncé le déséquilibre des aides régionales qui privilégient les projets individuels au détriment des projets collectifs, et demandé un rééquilibrage clair : augmentation des plafonds pour les projets collectifs, élargissement des matériels éligibles, soutien aux bâtiments ateliers et simplification des procédures administratives. Pour lui, soutenir le collectif, « ce n’est pas aider moins, c’est aider mieux, et pour plus de monde ».

Conditions de travail : un dialogue social rompu

Marianne Rozet est intervenue sur la dégradation du dialogue social au sein de la collectivité régionale et sur le mal-être croissant des agents rappelant avoir déjà alerté en décembre 2024 à ce sujet. Elle a également rappelé qu’un an plus tard, le 8 décembre dernier lors de la séance du Conseil Social Territorial les représentants du personnel ont quitté la séance témoignant d’un dialogue social rompu entre la Région et les organisations syndicales. Ces dernières dénoncent depuis des mois des conditions de travail dégradées et un mal-être grandissant parmi les agents régionaux.

L’élue a ainsi réaffirmé que « le dialogue social ne peut se limiter à des échanges formels déconnectés des réalités vécues par les agents. » Elle a souligné la nécessité d’actions concrètes pour améliorer les conditions de travail et garantir un service public de qualité.

Pêche : un secteur fragilisé par la hausse du carburant

Bénédicte Martin a alerté sur les difficultés croissantes des pêcheurs normands, confrontés à une flambée du coût du gasoil maritime, qui peut représenter jusqu’à 40 % du chiffre d’affaires et rend certaines sorties en mer non rentables. Les petits pêcheurs artisans, plus vulnérables, risquent de voir leur activité réduite ou interrompue, avec des répercussions sur l’ensemble de la filière locale (criées, mareyage, transformation, approvisionnement). L’élue a souligné que « Cette situation, particulièrement préoccupante dans nos ports normands, touche de plein fouet les petits pêcheurs artisans, dont le modèle économique est le plus fragile et qui constituent pourtant un pilier essentiel de l’économie littorale. »

Elle a demandé à l’Exécutif normand quelles mesures concrètes et immédiates pourraient être mises en place pour soutenir ces professionnels et préserver l’avenir de la filière.

Laetitia Sanchez et Rudy L’Orphelin, Co-président·e·s du groupe Normandie Écologie