Monsieur le Président,
Ce rapport peut surprendre au regard des orientations que notre assemblée a récemment retenues concernant les équipements des élèves en formation professionnelle.
En effet, alors même que les moyens consacrés aux équipements professionnels, via le dispositif Atout Normandie, ont été revus à la baisse et que les critères d’intervention ont été resserrés, la Région crée aujourd’hui un nouveau dispositif spécifique destiné à financer des équipements individuels pour les élèves en formation aux métiers de la pêche.
Cette évolution mérite d’être soulignée.
Pour autant, parce qu’il s’agit ici de sécurité et parce que les métiers de la pêche exposent les jeunes à des risques particuliers, nous voterons en faveur de ce rapport.
Nous souhaiterions néanmoins obtenir plusieurs précisions sur le contenu réel du dispositif.
Le règlement prévoit le financement de deux catégories d’équipements très différentes.
D’une part, les équipements de protection individuelle, les EPI : casques, gants, bottes de sécurité, cottes ou cirés. Ces équipements accompagnent le travail quotidien des élèves et des professionnels.
D’autre part, les équipements individuels de flottabilité, les EIF, qui regroupent notamment les gilets et les combinaisons de survie destinés à protéger les marins en cas de chute à la mer ou d’abandon du navire. Le texte prévoit également le financement de balises individuelles de localisation.
Or ces équipements n’ont ni les mêmes usages ni les mêmes coûts. Les EIF et les balises représentent des investissements significativement plus importants que les EPI classiques. Un casque, une paire de bottes ou un ciré ne représentent pas le même coût qu’une combinaison de survie équipée d’une balise de localisation
C’est pourquoi l’enveloppe annuelle de 60 000 euros nous interroge.
Permettra-t-elle effectivement de financer l’ensemble des équipements mentionnés dans le règlement ? Ou bien financera-t-elle principalement les EPI classiques ?
Autrement dit, les équipements de flottabilité aujourd’hui mutualisés dans le cadre des formations embarquées seront-ils demain attribués individuellement aux élèves et conservés à l’issue de leur formation, comme semble le prévoir le dispositif ?
La question mérite d’être posée car le dispositif concerne les deux lycées maritimes de Fécamp et de Cherbourg ainsi que le CFPPA de Coutances. Rapportée au nombre d’élèves concernés, l’enveloppe représente quelques centaines d’euros par jeune. Nous souhaiterions donc connaître les hypothèses retenues pour construire ce budget et savoir précisément quels équipements seront effectivement pris en charge.
