COMMUNIQUE DE PRESSE – Budget : la Région économise aujourd’hui, la facture sera pour demain

COMMUNIQUE DE PRESSE

Le Havre, le 24 juin 2026

Budget : la Région économise aujourd’hui, la facture sera pour demain

L’Assemblée plénière de ce lundi 22 juin 2026 a été l’occasion d’examiner le Compte financier unique 2025 et le Budget supplémentaire 2026 de la Région Normandie. L’examen de ces deux délibérations constitue un des temps forts de l’assemblée régionale car c’est l’occasion de faire le bilan de la réalité de l’exécution budgétaire de la Région l’année passée, et de proposer au vote des élus une adaptation à mi-année du budget prévisionnel 2026 voté en décembre 2025.

Ce qui frappe à la lecture de ces deux documents, c’est la volonté politique de l’exécutif régional de mettre en œuvre une véritable stratégie de désengagement qui conduit inexorablement à affaiblir progressivement la capacité d’action de la Région.

Alors que les défis climatiques, énergétiques, sociaux et économiques exigeraient davantage d’anticipation et d’investissement, la majorité régionale fait le choix inverse : réduire la dépense, différer les investissements et accumuler les retards sur les grands enjeux de demain.

Une sous-consommation budgétaire devenue systématique

Le CFU 2025 confirme une tendance profonde désormais bien installée : les budgets primitifs affichent des niveaux de dépenses qui ne sont jamais réalisés. Cela interroge quant à une forme d’insincérité budgétaire. L’épargne brute atteint ainsi 343 M€, soit près de 100 M€ de plus que les prévisions du budget primitif. Cela correspond à une variation de près de 30 %. Cette situation se répète année après année et traduit une réalité simple : les investissements annoncés ne sont pas réalisés au niveau prévu. On note que les dépenses totales de la Région reculent de 274 M€ par rapport à 2024.

La Normandie demeure l’une des régions les moins endettées de France mais cette situation est aussi le résultat d’un niveau d’investissement inférieur à celui de nombreuses autres régions, ces dernières années, malgré le pic d’investissement très ponctuel lié à l’achat des rames Omnéo.

Des coupes dans les politiques régionales

Les dépenses de fonctionnement diminuent de 31 M€ et les dépenses d’investissement de 243 M€. Concrètement, on retrouve une baisse des crédits consacrés aux travaux dans les lycées publics ; une diminution du soutien aux CFA ; un recul des moyens consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche ; baisse des crédits destinés à la revitalisation urbaine ; réduction du soutien à plusieurs dispositifs d’accompagnement et de solidarité.

Une absence de vision sur les enjeux de demain

Au-delà des chiffres, c’est surtout l’absence de stratégie qui interroge. La Région continue de prendre du retard sur les grands projets ferroviaires inscrits au CPER 2021-2027. Le CESER lui-même souligne la faiblesse des taux d’engagement concernant notamment les infrastructures ferroviaires.

Même constat concernant la rénovation énergétique des lycées. Alors que les épisodes caniculaires se multiplient et que les coûts de l’énergie demeurent élevés, la Région refuse toujours de se doter d’une programmation ambitieuse de rénovation de son patrimoine scolaire.

Chaque année perdue accroît la facture financière, énergétique et climatique qui sera laissée aux futures majorités.

Un budget supplémentaire sans ambition

Le Budget supplémentaire 2026 ne corrige aucune de ces orientations. L’essentiel des mesures proposées vise à réduire le recours à l’emprunt plutôt qu’à renforcer les politiques publiques.

Dans le même temps, des secteurs essentiels continuent de subir des restrictions budgétaires. Nous partageons l’alerte du CESER sur le soutien à l’économie sociale et solidaire. Alors que le secteur est en crise, comment justifier, la clôture du dispositif Programme Relance Solidaire, destiné à soutenir les structures de l’Economie Sociale et Solidaire fragilisées par la crise sanitaire. 

Ce budget supplémentaire n’est pas un budget d’action : c’est un budget de renoncement. Face à l’urgence climatique, aux besoins de rénovation des lycées, aux attentes en matière de transports ferroviaires et aux difficultés rencontrées par de nombreux acteurs économiques et associatifs, la Région devrait investir davantage et préparer l’avenir.

« Le choix de réduire continuellement l’intervention publique peut améliorer certains indicateurs financiers à court terme, mais il crée une dette climatique, sociale et territoriale qui pèsera durablement sur l’avenir de la Normandie » a déclaré Bastien Recher au nom du groupe Normandie Ecologie.

Pour ces raisons, nous avons voté contre le Compte financier unique 2025 et le Budget supplémentaire 2026.

Rudy L’Orphelin et Laetitia Sanchez, Co-Président.e.s du groupe Normandie Écologie

Bastien Recher, Membre de la commission finances