COMMUNIQUE DE PRESSE
Caen, le 27 aout 2026
Rentrée scolaire : transports, adaptation au climat, justice sociale … la Région doit être au rendez-vous
À quelques jours de la rentrée scolaire, nous souhaitons rappeler que la réussite des lycéennes et des lycéens ne dépend pas uniquement du contenu pédagogique proposé. Elle suppose aussi de pouvoir rejoindre son établissement dans de bonnes conditions et d’étudier dans des locaux adaptés aux réalités climatiques.
Garantir la mobilité de tous les lycéens normands
En Normandie, la Région organise le transport scolaire de près de 100 000 élèves. Derrière les chiffres, ce sont des milliers de familles qui dépendent chaque matin d’un car ou d’un train pour rejoindre leur établissement.
La rentrée doit être l’occasion de faire le bilan de la qualité réelle du service : ponctualité, desserte des territoires ruraux, temps de trajet, information des familles en cas de perturbation, accessibilité des établissements et articulation entre les réseaux de cars et de trains.
La question du coût doit également rester au cœur des préoccupations. Pour cette rentrée 2026, l’abonnement scolaire NOMAD s’élève à 144 € pour les demi-pensionnaires transportés en car ou en train, et à 72 € pour les internes et les élèves du primaire transportés en car. Depuis le début du mandat, en 2021, le tarif a ainsi augmenté de 20 %.
Nous défendons la mise en place de la gratuité des transports scolaires. Elle constituerait une mesure de justice sociale et territoriale. Elle est particulièrement importante dans les territoires ruraux, où les distances entre le domicile et l’établissement sont souvent importantes et où les alternatives à la voiture individuelle restent limitées. Pour les familles les plus modestes, la gratuité permettrait de lever un frein financier qui peut peser lourdement sur le budget familial.
C’est également une mesure écologique. En rendant les transports collectifs plus attractifs, elle contribuerait à réduire le recours à la voiture individuelle, les émissions de gaz à effet de serre et les déplacements contraints des familles.
Des lycées vivables, été comme hiver
La rentrée intervient aussi après plusieurs épisodes de fortes chaleurs qui rappellent une réalité désormais incontournable : nos établissements scolaires doivent être adaptés au changement climatique. Il faut désormais changer d’échelle.
Isolation, protections solaires extérieures, végétalisation des cours, désimperméabilisation, arbres et ventilation naturelle : un véritable plan de rénovation et d’adaptation climatique des établissements doit être mis en œuvre.
Notre groupe demande depuis le début du mandat la mise en œuvre d’un Plan Pluriannuel d’Investissement pour les lycées et plus spécifiquement, d’un PPI énergétique. Nous portons également cette demande à travers nos amendements budgétaires : chaque année, à l’occasion du vote du budget, nous proposons d’augmenter les crédits consacrés à la rénovation et à la performance énergétique des lycées. La majorité les rejette systématiquement.
L’objectif ne doit pas être uniquement de réduire les consommations énergétiques en hiver. Il faut aussi permettre aux élèves et aux personnels de travailler dans des locaux où les températures restent supportables lors des épisodes de chaleur.
On ne peut plus concevoir les lycées normands comme si le climat de demain était celui d’hier. Une rénovation réussie doit protéger à la fois du froid, de la chaleur et des épisodes météorologiques extrêmes.
La Région doit garantir à chaque jeune de bonnes conditions d’apprentissage et préparer les établissements aux bouleversements climatiques à venir.
Fonds social régional : une aide qui n’est pas connue ne remplit pas son rôle
Le Fonds social régional doit également être mieux mobilisé. Alors que la Normandie compte plus de 120 000 lycéens, les aides du Fonds social régional restent manifestement très limitées. Le FSR public a bénéficié à 343 apprenants, dont seulement 109 lycéens et 234 étudiants ; le FSR privé a, quant à lui, soutenu 172 élèves.
Nous regrettons surtout l’absence de communication suffisamment claire à destination des familles : ce dispositif semble encore largement sous-utilisé. La possibilité de mobiliser le FSR pour les dépenses de transport doit notamment être beaucoup mieux connue, alors que celles-ci peuvent représenter une charge importante pour les familles, particulièrement dans les territoires ruraux.
La Région doit mieux faire connaître ses dispositifs d’aide et aller davantage vers les familles qui en ont besoin : une aide qui n’est pas connue est une aide qui ne remplit pas pleinement son rôle.
Pour Normandie Écologie, la rentrée doit être l’occasion de faire de l’égalité des chances, de la justice sociale et de l’adaptation au changement climatique des priorités concrètes de l’action régionale. Les jeunes Normandes et Normands doivent pouvoir étudier dans de bonnes conditions, quel que soit leur lieu de résidence ou la situation de leur famille.
Rudy L’Orphelin et Laetitia Sanchez, Co-Président.e.s du groupe Normandie Écologie
