Assemblée Plénière – Lundi 12 octobre – Question Orale de Marianne Rozet relative à l’état et à la sécurisation du réseau ferroviaire normand et aux moyens qui lui sont consacrés

Monsieur le Président, chers collègues,

Le 11 septembre dernier, le déraillement d’un train Nomad entre Caen et Rouen a fait 44 blessés. Quelques jours plus tard, sur la ligne entre Coutances et Folligny, la découverte d’une éclisse cassée a conduit les cheminotes et cheminots à exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant plus réunies pour faire circuler les trains de façon sereine. Le 11 janvier dernier, un train de fret avait déjà déraillé à Carentan, provoquant de très importants dégâts sur la voie.

Ces événements, dont les causes et les responsabilités doivent être établies avec précision, interviennent néanmoins dans un contexte de préoccupations croissantes concernant l’état du réseau ferroviaire normand, son entretien et les moyens humains qui lui sont consacrés.

Le droit de retrait exercé par les cheminotes et cheminots doit, à ce titre, retenir toute notre attention. Les agentes et agents qui travaillent quotidiennement sur les lignes sont aussi celles et ceux qui peuvent constater directement une dégradation ou une anomalie. Leur capacité à signaler ces problèmes, mais aussi la manière dont ces alertes sont prises en compte et traitées, constituent donc un élément essentiel de la sécurité ferroviaire.

Sans préjuger des conclusions de l’enquête en cours, il paraît indispensable de s’interroger sur les dispositifs de surveillance existants, qu’ils soient humains ou techniques, et sur leur capacité à prévenir ce type de situation. Sans doute subissons-nous les conséquences d’une diminution continue des effectifs dans tous les secteurs liés à l’entretien et de la maintenance des voies. 

La Région, en tant qu’autorité organisatrice de la mobilité, a la responsabilité de veiller à la sécurité et à la fiabilité du service public ferroviaire. Elle doit pouvoir porter ces exigences auprès de SNCF Réseau, de SNCF Voyageurs et de l’État, afin que les cheminotes et cheminots puissent travailler dans de bonnes conditions et que les usagères et usagers du transport ferroviaire, dont le nombre va croissant, puissent voyager sereinement.

Cette responsabilité est d’autant plus importante dans un contexte de flambée des prix des carburants, où le train doit demeurer et se renforcer comme une alternative crédible au quotidien à la voiture particulière. Tout doit être mis en œuvre pour que ces événements ne conduisent pas les usagers à se détourner du train.

Nous souhaiterions donc vous interroger sur l’état du réseau ferroviaire normand et les moyens qui lui sont consacrés :

  • Quel est l’état des lieux des infrastructures ferroviaires normandes et des besoins d’investissement nécessaires à leur entretien et à leur renouvellement ?
  • Quelles garanties la Région a-t-elle obtenues de SNCF Réseau concernant les moyens humains et matériels consacrés à la surveillance et à l’entretien du réseau, ainsi que concernant la prise en compte des alertes remontées par les cheminotes et cheminots ?
  • Quels sont aujourd’hui les dispositifs permettant de détecter au plus tôt une anomalie, une dégradation ou la présence d’un élément dangereux sur les voies, et dans quels délais les alertes peuvent-elles conduire à la mise en sécurité des circulations ? La Région envisage-t-elle de demander un état des lieux de ces dispositifs et, le cas échéant, leur renforcement sur les secteurs les plus sensibles ?
  • Enfin, s’agissant du déraillement du train de fret à Carentan, en savez-vous plus sur les causes de cet accident et sur le coût final des réparations qui ont été nécessaires? 

Nous vous remercions. 

Laetitia Sanchez et Rudy L’Orphelin, Co-président.e.s du groupe Normandie Ecologie 

Marianne Rozet, Conseillère régionale, membre de la commission Aménagement du territoire, mobilité, santé et sécurité