Assemblée Plénière – Jeudi 2 avril – Question orale de Bénédicte Martin relative au désengagement de la Région dans la formation professionnelle

Monsieur le Président,

Le 26 mars dernier, l’INSEE publiait les chiffres du chômage en Normandie pour le quatrième trimestre 2025. Si le taux global s’établit à 7,5 %, en hausse +0,5 point sur l’année, la moyenne masque une réalité plus préoccupante : le chômage touche beaucoup plus fortement les personnes peu ou pas diplômées, précisément celles qui sont les premières concernées par les dispositifs de formation professionnelle.

Dans ce contexte, la décision de la Région de mettre un terme au dispositif « Tremplin » suscite une vive inquiétude. Ce dispositif constituait un outil central d’insertion pour les publics les plus éloignés de l’emploi. Il concernait près de 3 500 bénéficiaires et 600 professionnels en Normandie. Sa suppression représente donc un choc majeur. Car ce sont non seulement des parcours individuels qui sont interrompus, mais aussi tout un écosystème de formation qui se trouve fragilisé, voire menacé. Autrement dit, au moment même où le chômage progresse — et où il frappe d’abord les plus fragiles — la Région réduit les outils qui permettent précisément d’y répondre.

Et il ne s’agit pas d’un cas isolé. De nombreux centres de formation alertent sur une baisse plus globale des financements régionaux, avec des conséquences très concrètes : moins de formations, et la disparition progressive de dispositifs pourtant efficaces. Vous justifiez ces décisions par le désengagement de l’État. Mais la gestion d’un budget public est avant tout une affaire de priorités politiques. Or, certains secteurs, comme les formations liées à la relance de l’industrie nucléaire, ne semblent pas soumis aux mêmes contraintes. Il ne s’agit pas de nier les réalités budgétaires, mais bien de questionner les arbitrages opérés.

Par ailleurs, la méthode employée interroge tout autant. La suppression du dispositif Tremplin a été annoncée de manière brutale, sans concertation, alors même que les organismes de formation travaillaient depuis plusieurs mois à leurs dossiers.

Cette absence de dialogue est vécue comme un profond manque de considération par les professionnels, pourtant essentiels à la cohésion sociale et au développement économique de notre territoire.

Dans ces conditions, Monsieur le Président, face à l’urgence de la situation :

Comptez-vous ouvrir rapidement un dialogue avec les acteurs de la formation afin de maintenir une politique ambitieuse, à la hauteur des besoins des publics les plus exposés au chômage en Normandie ?

Je vous remercie.Assemblée Plénière – Jeudi 2 avril – Question orale de Bénédicte Martin relative au désengagement de la Région dans la formation professionnelle