COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Budget, transports, énergie : nous appelons à des choix plus ambitieux pour l’avenir de la Région

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Assemblée plénière du 24 mars 2025

Caen, mardi 1er avril 2025

Budget, transports, énergie : nous appelons à des choix plus ambitieux pour l’avenir de la Région

Dans son discours de politique générale, Rudy L’Orphelin est tout d’abord revenu sur les propos tenus par le Président Morin dans les médias de Bolloré concernant son désaccord avec le président de la République sur la menace russe et son accusation, à tort, de « faire croire que la France est directement menacée par une invasion ». M. L’Orphelin a indiqué qu’il avait réécouté le discours présidentiel et que nulle mention d’une invasion imminente n’y était faite. Dès lors, il a interpellé M. Morin en relevant qu’il avait « choisi d’ergoter sur la réalité et l’ampleur de la menace russe pour la dégrader en petit sujet de politique intérieure».

Concernant les sujets régionaux, Rudy L’Orphelin a rappelé que le budget, voté en décembre, avait été constitué sur des hypothèses fragiles. La chute du gouvernement Barnier et l’arrivée de François Bayrou ont changé la donne : la nouvelle loi de finances réduit de moitié l’effort demandé aux collectivités. Aussi, tout ou presque dans le budget régional 2025 serait à revoir. Pourtant, aucune modification budgétaire n’a été inscrite à l’ordre du jour. Pendant ce temps, nos partenaires des domaines culturel, de l’accès à l’emploi ou encore de la transition écologique subissent des baisses de subvention. Ne pas réinterroger ces coupes traduirait une approche bien plus idéologique que budgétaire.

De même, alors que la loi de finances ouvre une perspective de soutien au financement du ferroviaire via une part du versement mobilité réservée aux Régions, M. Morin rejette obstinément cette possibilité. Il s’agit-là d’une « faute politique qui retardera encore les investissements à engager pour améliorer les trains du quotidien. »

Parallèlement, il abandonne le projet de liaison ferroviaire entre Louviers et Évreux, compromettant ainsi une connexion Rouen-Évreux. On s’interroge également sur la réouverture de lignes qui bénéficient d’un véritable potentiel comme la ligne Caen-Flers et sur le déploiement des RER métropolitains et du fret ferroviaire, qui sont au point mort. Prétendre que la Région n’a pas les moyens est un écran de fumée : son président refuse de se les donner.

Enfin, M. L’Orphelin a évoqué l’énergie et a rappelé qu’il est urgent d’agir pour l’indépendance énergétique et la transition écologique. L’exécutif soutient sans réserve la construction des premiers EPR 2, malgré l’expérience désastreuse de Flamanville. Nos voisins investissent massivement dans les énergies renouvelables tandis que nous sacrifions nos filières. Chaque dérapage nous enferme un peu plus dans la dépendance aux énergies fossiles et aux puissances étrangères.

Pour la première délibération de cette Assemblée plénière, Laetitia Sanchez, a pris la parole à l’occasion de l’adoption du Contrat de Plan Etat-Région pour la Normandie 2021-2027 . Elle a souligné le fait que la transition écologique n’est toujours pas une priorité pour la région puisque le total des crédits État-Région la place à l’avant-dernière position des cinq volets du Plan. Ainsi, le groupe Normandie Ecologie a déposé un amendement visant à augmenter les crédits régionaux du CPER 2021-2027 destinés spécifiquement à l’adaptation des territoires au changement climatique.

De même, s’agissant des énergies renouvelables, elle a déclaré que « la Région Normandie s’illustre par son obstination idéologique contre l’éolien et le solaire – des énergies pourtant immédiatement disponibles et compétitives, avec de très bons potentiels sur la Région ». Cet axe a fait l’objet d’un amendement de la part du groupe Normandie Ecologie, visant à augmenter les crédits régionaux destinés au financement des énergies renouvelables.

Enfin, concernant les mobilités, on note un renversement de la tendance par rapport à la première phase du CPER 2021-2022, où le groupe Normandie Ecologie déplorait un investissement dans les projets routiers de deux fois celui dans le ferroviaire, avec 260 M€ pour le routier contre 134 M€ pour le ferroviaire. Pourtant, sur le ferroviaire, « si nous saluons la volonté affichée d’investir, nous regrettons votre manque d’ambition, afin d’accélérer la mise en place massive des reports de la route vers le fer, pour les voyageurs comme pour le fret. »

Aussi, compte tenu de ces éléments, le groupe Normandie Ecologie s’est abstenu lors du vote du CPER.

Le Plan de Mobilité Employeur de la Région Normandie a également fait l’objet d’une abstention  de la part du groupe. Guillaume Hédouin est intervenu pourexpliquer cette position et indiquer ne pas être dans un refus de principe. Cependant, il appelle à revoir nos ambitions à la hausse et a indiqué rester pleinement mobilisé pour travailler à un plan de mobilité plus structurant, plus engageant, à la hauteur des enjeux climatiques et des attentes des agents.

Véronique Bérégovoy est ensuite intervenue pour souligner qu’il est proposé de consacrer une enveloppe financière spécifique à la formation de demandeurs d’emploi dans le cadre de la construction de deux nouveaux réacteurs EPR2 à Penly. « Nous sommes, bien évidemment, d’accord pour accompagner les personnes les plus fragiles en recherche d’emploi, mais orientons-les vers les vraies filières d’avenir : les énergies renouvelables et la rénovation énergétique des bâtiments et des logements ». Elle note qu’une fois de plus, l’exécutif régional prend le risque de tout miser sur le nucléaire, alors que cette filière n’a jamais été confrontée à autant d’incertitudes, de dérapages financiers et temporels.

Bénédicte Martin a pris la parole au sujet de la présentation du rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes portant sur l’Agence régionale de l’orientation et des métiers. Elle a rappelé que l’agence disposait d’un budget conséquent, s’élevant à plus de 4 millions et demi d’euros et composé presque exclusivement de subventions publiques, dont 3 millions d’euros de la part de la Région. Pour autant, la Chambre régionale des comptes note que l’impact réel de l’action de l’AROM sur les choix d’orientation professionnelle des jeunes et des adultes est difficile à estimer. Elle encourage la Région à conduire une véritable évaluation de la valeur ajoutée de l’Agence au regard des missions qui lui sont confiées et à développer une culture d’évaluation des politiques publiques, dont la collectivité, il est vrai, peine à se saisir. Ainsi, le groupe Normandie Écologie insiste pour que les préconisations de la Chambre régionale des comptes soient suivies d’effets afin de garantir un plan d’actions nécessaire en direction des lycéens et de leurs familles ainsi que des adultes en recherche de formation.

Après la mise au vote des délibérations à l’ordre du jour, l’Assemblée Plénière s’est poursuivie par un temps de questions orales. Le Groupe Normandie Ecologie en a formulé cinq.

Tout d’abord, Bastien Recher a interrogé Monsieur le Président Morin quant à l’impact du budget Bayrou sur le budget régional de notre collectivité. En effet, le 16 décembre dernier, le budget régional 2025 a été voté. Il s’inscrivait dans une vision d’austérité budgétaire, liée à la présentation du budget Barnier. Cela s’est traduit par des baisses de budget dans des secteurs essentiels : la culture, les actions éducatives et sociales, la rénovation thermique des lycées ou encore l’offre de transport NOMAD. Or, la situation a évolué. Le budget Bayrou prévoit un effort bien moins contraignant pour les collectivités, passant de 5 à 2,2 milliards d’euros. Dès lors, une révision du budget de notre collectivité semble non seulement légitime mais nécessaire, afin de réaffecter les marges budgétaires dégagées vers des investissements essentiels pour les Normand.e.s.

Ensuite, Monsieur Recher interrogé Monsieur Morin sur les contrôles des établissements d’enseignement privés financés par la Région . En effet, au regard des récents scandales qui ont éclaté, qu’il s’agisse de l’affaire Bétharram ou encore des dérives de l’enseignement supérieur privé lucratif pointées par Claire Marchal dans son livre-enquête « Le Cube », la question du contrôle des établissements privés subventionnés par la Région se pose nécessairement. Si, bien entendu, le groupe Normandie Écologie n’assimile pas l’ensemble des établissements privés normands à ces deux scandales, il est primordial de s’assurer d’un suivi rigoureux. Bastien Recher a également demandé si la Région comptait revoir ses critères d’attribution de financements afin de garantir une priorité absolue au service public d’éducation. En effet, la Région Normandie finance de nombreux établissements d’enseignement privé, qu’ils soient secondaires ou supérieurs, au-delà même de ses obligations légales.

Enfin, Monsieur Recher  a pointé le fait que plusieurs questions posées afin d’obtenir davantage de précisions sur les politiques régionales n’ont pas reçu de réponse. Aussi, il a interrogé le Président Morin afin de « connaître les mesures qu’il compte prendre pour garantir aux élus d’opposition un accès plus transparent et régulier aux informations relatives à la politique régionale ».

Bénédicte Martin quant à elle, a interpellé le président Morin afin de connaître la date à laquelle seront mis en œuvre les travaux visant à assurer la sécurité des élèves et des personnels du lycée maritime Anita Conti. De fait, à de nombreuses reprises et depuis de nombreuses années, la collectivité régionale a été saisie. Quelques visites ont été faites depuis 2021, des constats ont été établis, comme la solution de tables aspirantes à installer d’urgence, et pourtant, aucune prévision de travaux n’a été engagée depuis.

Enfin, Bénédicte Martin a posé une question relative à l’allocation de moyens généraux pour le renouvellement du matériel de la SNSM  a posé une question relative à l’allocation de moyens généraux pour le renouvellement du matériel de la SNSM. La collectivité régionale entend verser une subvention d’1,3 million d’euros, maintenant à l’identique la ligne budgétaire, sans prendre en compte les besoins réels que cette dotation doit couvrir. Une décision lourde de conséquences pour les stations confrontées à la nécessité de remplacer leur matériel. C’est par exemple le cas à Fécamp, où le canot de sauvetage doit être remplacé après 28 ans de service : il en va de la sécurité des sauveteurs et de leurs passagers. Au-delà de la durée de vie limitée du canot, qui rend cet investissement obligatoire, il s’agit aussi d’investir dans un matériel moins polluant.

Rudy L’Orphelin et Laetitia Sanchez
Co-Président.e.s du groupe Normandie Écologie