COMMUNIQUE DE PRESSE
Jeudi 29 octobre
Tuberculose bovine : en subventionnant l’abattage des blaireaux, la Région fait fausse route
Ce lundi 2 novembre se tiendra une nouvelle séance de la commission permanente de la Région Normandie. Une commission au cours de laquelle sera présentée aux votes une délibération prévoyant l’octroi de 52 510 € de subventions aux fédérations de chasseurs de l’Orne et du Calvados pour ce que la Région qualifie dans un euphémisme orwellien de « surveillance de la faune sauvage ». En réalité il s’agit de subventionner l’abattage de blaireaux, pointés du doigt comme responsables de la prolifération de la tuberculose bovine.
Des années d’études au Royaume-Uni ont pourtant permis aux chercheurs de démontrer que l’abattage des blaireaux perturbe leur organisation sociale, augmentant leurs déplacements, modifiant leur territoire et entraînant ainsi une intensification des contacts entre les groupes ce qui représente un risque réel dans la circulation de la tuberculose bovine.
Plus étonnant encore, les conventions établies avec les fédérations de chasseurs prévoient des indicateurs de réussite qui portent sur le matériel, le nombre de blaireaux piégés et le suivi de leur population, mais aucun ne mesure l’évolution de la tuberculose bovine, ni chez les bovins, ni chez les blaireaux. La Région finance donc l’abattage de blaireaux sans se donner les moyens de savoir s’il protège les élevages.
Face à la tuberculose bovine d’autres solutions existent pourtant comme la vaccination des blaireaux mais surtout l’amélioration des tests de dépistage, le renforcement des mesures sanitaires dans les élevages ou encore un contrôle accru des mouvements du bétail qui restent à ce jour l’une des principales causes de circulation de la maladie.
Surveiller la tuberculose bovine est essentiel, mais financer l’abattage de blaireaux sans en mesurer les effets sanitaires ne protège ni les éleveurs, ni la faune. La Région doit réorienter ces crédits vers des solutions dont l’efficacité peut être démontrée, et exiger des indicateurs qui mesurent l’évolution de la maladie.
Laetitia Sanchez et Rudy L’Orphelin, co-président.e.s du groupe Normandie Ecologie
