COMMUNIQUE DE PRESSE – Visite du Président de la République à Flamanville : Derrière la communication, le fiasco industriel des EPR

COMMUNIQUE DE PRESSE

Caen le 21 mai 2024

Visite du Président de la République à Flamanville : Derrière la communication, le fiasco industriel des EPR 

Le 7 mai dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) donnait à EDF le feu vert pour procéder à la mise en service du réacteur. Si cette annonce a aussitôt ravi les pronucléaires, la mise en service de l’EPR de Flamanville est encore loin. En effet, l’EPR n’a pas encore passé le contrôle technique de l’ASN lui permettant de débuter la première réaction nucléaire. Seul le chargement du combustible a été effectué. A ce stade l’EPR est une voiture dont on a réussi à faire le plein mais qui n’a pas l’autorisation de démarrer.

L’annonce de la visite, en grande pompe, d’Emmanuel Macron, apparait alors comme une opération de communication pour appuyer sa politique de relance du nucléaire. Nous sommes pourtant bien avec FLAMANVILLE 3 devant l’un des derniers réacteurs d’une série abandonnée, les EPR 1. Le président communique, mais ne peut cacher le fiasco industriel et technique de ces réacteurs.

Avec 15 ans de travaux et plus que 15 milliards d’euros de surcoût, l’EPR de Flamanville est bien loin d’être à la hauteur des promesses annoncées lors du lancement de ce nouveau design. Parmi elles, la promesse d’une sureté encore jamais atteinte sur un réacteur sera rognée pour son successeur. Ainsi le nombre de redondances pour sa sécurité et la double peau ont été abandonnées pour le design de l’EPR 2. C’est donc en réalité à l’enterrement d’une série de réacteurs que se rendra Emmanuel Macron, et à l’avènement d’une ère où l’on essaie, sans succès, de diminuer les coûts du nucléaire en rognant sur la sécurité.

En accumulant retards, surcoûts et malfaçons le chantier de l’EPR de Flamanville aura au moins permis de démontrer que le nucléaire ne peut être envisagé comme une solution aux besoins énergétiques de notre pays dans un contexte de transition énergétique. Il est désormais de la responsabilité des pouvoirs publics d’orienter l’investissement vers le développement des énergies renouvelables, disponibles immédiatement, moins couteuses et plus efficaces. Depuis l’autorisation de construire l’EPR de Flamanville en 2007, les énergies renouvelables ont ainsi permis de fournir l’équivalent de 7 EPR.

Si l’erreur est humaine, l’obstination dans la voie nucléaire est tout bonnement irresponsable à l’heure où les scénarios climatiques commandent une transition énergétique rapide et donc nécessairement fondée sur les renouvelables.

Rudy L’Orphelin et Laetitia Sanchez

Co-président.e.s du groupe Normandie Écologie

Guillaume Hédouin

Conseiller Régional, membre de la CLI de l’ANDRA